Du peuple Bishnoi au temple de Ranakpur

Publié le 21 juillet.
De notre terrasse du petit déjeuner, le spectacle sur la citadelle est grandiose, mais la cacophonie de la rue proche casse un peu la magie du spectacle. Après un petit déjeuner toujours aussi copieux, direction le sud.
sur la route
Nous avions demandé à Gourav de pouvoir rencontrer le peuple Bishnoi. Il s'agit d'une des nombreuses castes présentes en Inde connu notamment pour ses préceptes au nombres de 29, c'est précis, mais aussi par un événement qui s'est déroulé en 1787, date à laquelle 363 Bishnois ont préféré mourir  plutôt que de voir un arbre abattu par une autre caste. Reconnaissables à un turban particulier et vivants toujours dans les mêmes conditions, nous avons donc pu aller rencontrer une famille de 8 personnes (les enfants vivent sous le même toit que les parents, les grands parents voir plus). Après la présentation de la grand mère affairée à faire des chapatis (galette de pain pour ceux qui ont raté un épisode), tout ça dans une pièce où le feu, alimenté par de la bouse de vache séchée, a noircit le plafond de chaume et les murs; entre nous, s'ils avaient fait une cheminée...


La petite fille nous propose ensuite un thé que nous prenons black, ce qui les impressionne car eux le prennent avec du lait et non sucré. Puis elle apporte un ustensile un peu bizarre: comme une balance en bois avec une chaussette de chaque côté, et en dessous deux magnifiques récipients en bois sculpté. Elle nous propose tout simplement de boire de l'opium, on ne s'attendait pas à ça, mais pour eux, ça semble normal. Elle écrase un minuscule bout dans le récipient en bois et c'est là qu'interviennent les chaussettes. Ce sont en fait des filtres qui doivent au bout de 3 filtrages donner le fameux breuvage.
Après un repas pris dans un soit disant restaurant pour touristes (ils doivent parler de touristes locaux),Gourav nous dépose devant le temple de Narakpur. On sort différent de ce genre de visite à ne pas manquer si vous passer dans le coin. L'audio guide en français donne de très bonnes indications sur le peuple Jaïn, qui avait cinq préceptes qu'ils appliquaient à la lettre. Pour atteindre la délivrance, il faut que l'âme soit totalement purifiée. Pour cela, entre autre, il ne faut pas faire preuve d'agressivité, pratiquer le jeun et ne pas manger de matière vivante. Les moines jainistes vivaient nus, balayaient devant eux en marchant pour ne pas écraser le moindre animal et portaient même un linge devant la bouche pour ne pas risquer d'avaler un insecte!
Étant quasiment les seuls touristes étrangers dans ce site, nous avons très souvent fait l'objet de regards amusés, mais surtout de photos; les indiens adorent se faire prendre en photos avec des étrangers. Souvent, ils demandent et là, une foule s'accumule rapidement, mais parfois, ils se posent près de vous et un autre prend la photo pas si discrètement que ça. Comiques et rieurs, nous nous prenons au jeu.
Afin de rejoindre notre hôtel, Gourav emprunte ensuite une route de montagne qui a le premier avantage de nous faire retrouver des températures plus supportables, mais aussi découvrir un autre pan de la vie indienne. C'est d'abord la verdure omniprésente qui donne à cette nature encore sauvage toute sa beauté. Rajoutez à tout ça, des singes en grands nombre, apparemment inoffensifs, des puits au système de pompage d'un autre temps, des tout petits champs labourés avec une araire attelée à des buffles et toujours autant de vaches et de personnes, notamment les enfants.
Nous retrouvons notre hôtel quelques minutes avant la nuit, ici il fait nuit a 20h. Nous serons visiblement les seuls locataires de ce haveli au milieu de la nature. Un peu de calme vous nous faire le plus grand bien.

 Un peu hésitant, nous nous laissons tenter. Ce qu'on ne savait pas, c'est qu'il faut boire trois gorgées et tout ça dans le creux de la main de notre hôte. Sincèrement, je crois qu'on a bu de l'eau au goût pas terrible du tout. Pour ce qui est des conséquences qu'on devrait ressentir, notamment l'impossibilité de fermer les yeux (c'est ce que prennent les chauffeurs de camion de nuit ici parait-il), peu de temps plus tard, je me suis endormi dans la voiture . La suite de la visite s'est limitée à la pièce commune, pour 8,c'est vraiment petit et à la meule archaïque mais très efficace. Nous avons également compris comment était fait le sol, c'est tout simplement de la terre, de la chaux et de la bouse de vache. Ça pourrait paraître répugnant, c'est pourtant très agréable surtout quand on est pieds nus. Après quelques photos et après avoir offert des échantillons de produits de beauté et de shampoing très convoités ici, nous reprenons la route très heureux d'avoir rencontré ces personnes. On vit vraiment sur une autre planète.

sur la route: